Réforme du BAC et Grand oral

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LE GRAND ORAL

Grand oral et enseignements de spécialité 

Les différentes disciplines, tant en voie générale qu’en voie technologique, partagent largement l’idée qu’elles se font du Grand oral comme étant le résultat d’un long processus d’accompagnement pris en charge par l’ensemble des enseignements, tout comme elles développent une compréhension commune des différents temps de l’épreuve. 

Le Grand oral, un accompagnement de tous les instants 

Toutes les contributions s’accordent à dire que le Grand oral mobilise pleinement les savoirs mis en jeu par les enseignements auxquels il s’adosse. Plus particulièrement, il porte la focale sur la façon dont l’élève, parce qu’il s’est vraiment approprié ces savoirs, peut prendre la parole de façon personnelle et engagée, pour élaborer un jugement argumenté qui manifeste la façon dont l’enseignement qu’il a suivi fait sens pour lui. Il ne saurait donc se confondre avec un exercice de pure rhétorique sans enjeu de connaissance, non plus qu’avec la manifestation d’une virtuosité langagière indifférente à la valeur de vérité de ce qu’elle examine. 

Aussi cet oral se caractérise-t-il par une articulation forte aux programmes des enseignements de spécialité du cycle terminal, mis en jeu à travers le choix et le traitement d’une question personnelle par l’élève. 

Un travail de l’oralité à mener tout au long du cycle 

Il ressort également comme point de convergence que les compétences orales nécessaires pour réussir l’examen ne peuvent se développer que par un travail mené tout au long du cycle de terminale, et même auparavant, travail qui favorise une prise de parole progressive des élèves accompagnées par tous les enseignants, et non seulement ceux des spécialités choisies. Ce sont ainsi les qualités intellectuelles des élèves que le travail de l’oral permet de développer : il aide à construire la pensée et à entrer dans l’abstraction. 

Nombreuses sont les situations, en classe et hors la classe, du collège au lycée, offrant la possibilité de travailler les compétences orales des élèves, qu’elles soient spécifiques à certaines disciplines ou communes à toutes. Ces situations de pratique de l’oral constituent également des moments permettant la construction d’apprentissages dans les champs disciplinaires concernés. L’oral est à la fois un outil au service des apprentissages et un objet d’apprentissage en lui-même. Des situations variées se prêtent à la pratique de l’oral : la reformulation par l’élève d’un énoncé ou d’une démarche ; les échanges interactifs lors de la construction du cours ; les mises en commun après un temps de recherche ; les corrections d’exercices ; la restitution de travaux de groupe ; les exposés individuels ou collectifs ; la restitution des notions établies pendant la séance ; la présentation de résultats ou d’une démarche de projet ; le débat entre groupes ayant testé des hypothèses différentes… 

L’oral se développe donc par une pratique régulière, fréquente et explicite, c’est-à-dire articulée à des critères et des indicateurs de réussite. Il faut envisager des paliers dans l’apprentissage : progresser à l’oral ne se fait pas qu’en parlant. L’écoute (active) est tout aussi importante mais ne permet réellement des progrès à l’oral que si cette écoute est suivie d’une analyse (on parlera de temps réflexif sur l’oral). En particulier, lorsque l’élève est amené à conduire un projet ou mener une recherche, il doit savoir écouter, donner son point de vue tout en respectant celui des autres, faire des compromis, partager ses connaissances, argumenter, reformuler. La prise de parole en continu de l’élève qui présente un projet ou un travail personnel exige une structuration claire du propos, une adaptation à son auditoire qui n’exclut pas la rigueur, et gagne à être suivie d’échanges avec les professeurs ou d’autres élèves : de telles « soutenances » permettent ainsi à l’élève de préciser et d’approfondir sa pensée, d’argumenter et d’expliciter sa démarche ; les qualités d’écoute et de réactivité sont alors essentielles. 

Un processus de maturation à l’oeuvre 

Un fort consensus se dégage pour affirmer que la préparation du Grand oral doit commencer le plus tôt possible en classe terminale, car elle nécessite un temps long permettant aux élèves de choisir la question à traiter, puis de bien s’approprier toutes les dimensions de leur sujet : connaissances associées mais aussi poursuite d’étude et champs professionnels corrélés. L’échange sur le projet d’orientation du candidat repose sur le projet formalisé et sur la maturation de celui-ci. Cette construction personnelle rend authentique le propos. L’élève peut ainsi lier ses préoccupations personnelles et sociales, ses engagements, ses réflexions sur l’avenir : ainsi d’un élève qui, par exemple, a besoin des mathématiques pour ses études supérieures futures sans en faire le coeur de son projet. 

Un accompagnement mobilisant des pédagogies actives 

L’implication forte des élèves dans les questions qu’ils choisissent suppose plus fondamentalement qu’ils soient pleinement engagés dans le processus de maturation les conduisant au Grand oral. Il n’est donc pas étonnant de constater que les différentes déclinaisons de l’accompagnement proposées ici s’accordent toutes pour inscrire tout naturellement le travail sur le Grand oral dans la mobilisation de pratiques pédagogiques actives favorisant le débat, le questionnement, l’échange, la collaboration et la coopération entre élèves. Ces intentions deviennent plus explicites encore lorsque les spécialités technologiques soulignent la nécessité d’engager les élèves dans une démarche de projet pouvant véritablement servir de fil rouge au Grand oral. Si le projet est réalisé en groupe au cours d’année, il engage cependant une réflexion personnelle qui aboutit à un questionnement propre du candidat et à une prestation individuelle et originale le jour du Grand oral. 

L’épreuve du Grand oral, trois temps forts d’expression personnelle de l’élève

Le souci largement partagé par toutes les spécialités de proposer des axes de compréhension et d’appropriation des trois phases de l’épreuve permet là encore de dégager des contributions des points de convergence importants. 

Le premier temps : présentation d’une question et de son traitement 

Le savoir de l’élève doit en effet prendre forme à partir d’une question singulière et personnelle, pour laquelle l’enseignant est en position d’accompagner le travail de recherche et de problématisation mené par l’élève et non de le définir. Le choix de la question gagne ainsi à être laissé à l’initiative de l’élève pour qu’elle lui soit personnelle, favorise son engagement et le rende plus convaincant lors de sa présentation, le professeur accompagnant le travail d’élaboration et de libellé des questions. Les questions sont définies au cours de la réalisation du projet ou de la démarche de recherche. L’élève est amené à prendre du recul pour questionner son étude et sa démarche. Ainsi, l’élève doit pouvoir exposer les enjeux de la question qu’il a choisie et définie, c’est-à-dire à la fois les enjeux intellectuels généraux de cette question, qui font qu’elle mérite qu’on l’approfondisse et qu’on la problématise, et également les enjeux que cette question revêt à ses yeux : il importe que le candidat puisse exposer en quoi la question fait sens pour lui. Les simples questions de cours à réciter ne sont donc pas adaptées à cet exercice. On privilégiera les questions plus riches qui nécessitent des recherches personnelles et la mobilisation de savoirs et savoir-faire acquis tout au long de la scolarité jusqu’en terminale. Ce qui est important, ce n’est pas tant la question telle qu’elle est écrite et présentée au jury que la façon dont elle sera traitée. 

Le deuxième temps : échange avec le candidat 

Il importe que le candidat puisse entrer dans un dialogue constructif avec le jury à partir de sa question : la maîtrise de l’exercice ne suppose pas seulement de savoir parler, mais encore de savoir écouter, et ainsi de savoir argumenter précisément en s’expliquant et en étant capable d’évaluer la force relative des différents arguments en présence. C’est cela qui permet à l’oral de jouer son rôle d’exercice de maturité : celle-ci se manifeste par la capacité à adopter un recul critique sur son savoir (et la construction de ce savoir) ; elle suppose de pouvoir parler à un non-spécialiste de ce que l’on sait et de ce sur quoi l’on a réfléchi, sans se réfugier dans un jargon qui escamote certains arguments, et pour autant sans s’affranchir des exigences de rigueur et de précision d’un discours bien informé. 

Le troisième temps : explicitation du projet d’orientation 

Lors du troisième temps de l’épreuve, l’élève est amené à expliciter en quoi la question traitée éclaire son projet de poursuite d’études, voire son projet professionnel. Parce que la question qu’il a choisie fait sens pour lui, elle est en effet le moyen pour le candidat d’envisager le sens qu’a pour lui son passage au lycée, et plus précisément le choix qu’il a fait de deux spécialités approfondies à l’aide de deux questions personnelles, de revenir par-là sur ce qu’il y a construit et de développer l’intérêt qu’il y voit pour la suite de son parcours. Ce temps prévoit que l’élève puisse éventuellement expliquer son choix 5 

d’orientation sans s’appuyer sur les deux enseignements de spécialité qu’il a suivis en classe terminale, ni sur les deux questions supports à l’épreuve orale. 

En conclusion, l’affirmation d’une culture partagée du Grand oral 

À travers la mise en évidence de ces convergences, on ne peut que se réjouir de voir ainsi se développer une culture partagée du Grand oral, tant les préconisations faites ici entrent en résonance avec les principes qui ont fait consensus lors du dernier séminaire consacré au Grand oral et qui peuvent être rappelés ci-après : 

1. La préparation au Grand oral s’inscrit dans les enseignements en travaillant à la fois les compétences langagières et les compétences disciplinaires. 

2. Un oral fondé sur des connaissances liées aux spécialités engage l’élève à expliciter, à vulgariser, à reformuler et défendre des idées et à construire une argumentation informée et personnelle. 

3. L’élève maîtrise d’autant mieux les échanges lors du Grand oral qu’il est habitué à se confronter à différents avis / différentes théories, qu’il sait reconnaître les éléments de controverse et les intégrer dans un dialogue et qu’il puisse appréhender et anticiper les attentes d’un jury. 

4. L’évaluation de la présentation du projet personnel d’orientation ne porte pas sur la qualité du projet ou du parcours mais sur la façon dont le candidat explicite son cheminement pour l’avoir construit. 

5. La préparation à l’épreuve doit éviter tout risque de formatage et de standardisation des parcours, motivés par un souci d’efficacité pédagogique. 

6. La préparation à l’épreuve ne doit pas être réduite à un format unique de parole et doit laisser place à la diversité des élèves et de leurs compétences. 

7. L’accompagnement vers le Grand oral vise à habituer progressivement l’élève à produire une parole synthétique, structurée et savante, basée sur un contenu qu’il s’approprie et ainsi à habiter une parole plus spontanée que celle de l’exposé. 

8. L’accompagnement vers le Grand oral consiste à multiplier des moments de prise de parole ritualisés, dans des espaces sécurisants, éloignés de tout enjeu scolaire et évaluatif, fonctionnant sous le sceau de l’écoute, l’entraide et la bienveillance entre pairs et permettant l’expression de la créativité, de la sensibilité et des émotions. 

9. L’accompagnement de l’élève vers le Grand oral vise à construire un parcours de formation progressive à l’oral incluant des « temps forts » de diagnostic, de bilan, de présentation, d’expression, de validation des choix. 

10. L’accompagnement de l’élève vers le Grand oral s’inscrit dans la durée, le temps long de la maturation entreprise dès le collège jusqu’au cycle terminal du lycée. 

11. L’accompagnement vers le Grand oral suppose de penser une organisation collective et équitable de l’accompagnement à l’échelle de l’établissement permettant un suivi des élèves tout au long du collège et du lycée et mobilisant de multiples acteurs éducatifs. 

12. Cet accompagnement vers le Grand oral doit être porté au niveau de l’établissement, en exploitant les conseils d’enseignement et les conseils pédagogiques, en mettant en place un projet de formation à l’oral au sein du lycée, en prévoyant des concertations disciplinaires, interdisciplinaires et même inter-niveaux. 

Sciences humaines, humanités et arts 

Le Grand oral relevant des sciences humaines, des humanités et des arts (humanités, littérature et philosophie ; langues et littératures et cultures de l’Antiquité ; langues, littératures et cultures étrangères et régionales ; enseignements artistiques ; histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques ; sciences économiques et sociales) suppose un travail d’appropriation des connaissances qui développe les compétences documentaires de l’élève, mais aussi la capacité à exposer sa réflexion de façon claire, précise et lucide, en étant attentif à son auditoire. Il fait des questions choisies le lieu d’un engagement intellectuel fort du candidat, conscient des enjeux liés à son propos. 

En fonction de la discipline ou du champ auquel se rattache la question, les types d’arguments peuvent varier, allant de données statistiques jusqu’à la pratique artistique ou à l’expérience esthétique : c’est la pertinence, l’agencement et l’approfondissement des arguments choisis qui font l’objet de l’évaluation de l’épreuve et permettent au candidat de manifester sa compréhension des enjeux et des démarches du domaine où il a choisi de déployer sa question. La maîtrise de la langue et de l’expression va ici de pair avec la conscience du fonctionnement d’une littératie disciplinaire particulière et la capacité à présenter sa réflexion à quelqu’un qui se situe dans une autre discipline, c’est-à-dire aussi dans une autre tradition intellectuelle. 

Le choix de ses questions par l’élève, d’une très grande liberté, lui permet de manifester sa compréhension des programmes et des objets qu’ils offrent à la réflexion, de façon plus ou moins directe : cet espace de liberté est le gage de la richesse de l’enseignement proposé dans ces différentes disciplines. 

Disciplines scientifiques 

Le Grand oral relevant des disciplines scientifiques (mathématiques, sciences de l’ingénieur, physique-chimie, sciences de la vie et de la Terre, numérique et sciences informatiques) suppose de porter l’accent sur l’articulation logique de l’argumentation scientifique ; l’élève doit apprendre à être à la fois rigoureux sur le lexique scientifique et exigeant quant à la capacité de « mettre à portée » d’un auditeur non expert la problématique étudiée ; il s’agit alors de délaisser le langage spécifique pour rendre intelligible la démarche et convaincre. De cette façon, l’oral est dans les disciplines scientifiques un moyen fort d’aborder les connaissances et compétences mathématiques, physiques, biologiques, etc. 

Dans toutes ces disciplines, les différentes étapes de la démarche d’investigation amènent l’élève à verbaliser, reformuler, se questionner, argumenter pour étayer un propos, se mettre d’accord sur les arguments à apporter, communiquer des travaux comme tous les scientifiques en courts exposés oraux s’appuyant sur des affiches, des posters scientifiques, une présentation de diapositives numériques – même si l’épreuve du Grand oral ne permettra pas à l’élève de s’appuyer sur de tels supports lors de sa prestation le candidat peut recourir à un support – feuille, tableau – uniquement pendant la deuxième partie de l’épreuve). 

Pendant les revues et la présentation du projet, l’élève prend la parole en continu, son discours doit être construit, utilisant un vocabulaire scientifique et technologique adapté à l’auditoire. 

Le développement et la réponse à la question, ainsi que l’argumentation, doivent contenir de vrais marqueurs disciplinaires : dimension expérimentale avec recours à des données authentiques (manipulations réalisées par les élèves ou résultats expérimentaux publiés), activités de modélisation, activités de programmation et ouverture sur le monde scientifique, économique et industriel. 

L’entrée choisie par l’élève peut être variée : le choix du champ disciplinaire dans un parcours d’orientation ; des exemples de notions mathématiques qui ont changé son regard ou lui ont apporté des clés de lecture ; des obstacles didactiques auxquels il a été confronté ; une notion du programme ; un point de l’histoire des sciences ; une démonstration ; un lien avec une autre spécialité, une attention portée à une notion pour ses enjeux sociétaux ou dans un parcours d’orientation comme l’éducation à la santé, au développement durable, aux médias et à l’information, aux problèmes bioéthiques. 

Voie technologique 

Le Grand oral en voie technologique se décline dans chacune des spécialités (S2TMD, ST2S, STHR, STI, STI2D, STD2A, STL, STMG), ce qui est l’occasion pour chaque groupe disciplinaire de réaffirmer les ambitions des enseignements en termes de construction chez l’élève d’un rapport éclairé, scientifiquement fondé et empreint de sensibilité avec une réalité complexe. 

 

 

 

 

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