Interview Métiers : Designer

INTERVIEW METIER

 

Amel Ouabadi : « Le design contemporain, c’est aujourd’hui ;

demain ce sera autre chose »

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A Paris, capitale de la mode, nous avons rencontré une architecte d’intérieur, Nadia Ouadabi qui a accepté de nous parler de son métier qui ne cesse de bouger. Concevant des lieux ou des objets, pour des boutiques principalement (Nike, Etam ou PSG…), elle résume simplement son métier d’un : « on s’éclate tout le temps ! ». Son activité dans la conception d’espaces de « retail » (des commerces de vente au détail) lui permettant de se dépasser continuellement. Elle revient sur son parcours et nous dévoile son activité au quotidien.

 

Propos recueillis par Paul Isselin, Dorcas Mbengi et Tanguy Maxence.

 

 

Pouvez-vous nous décrire votre métier ?

Nadia Ouabadi : Je suis designer. Je conçois des lieux et des objets qui (je l’espère) en plus d’améliorer la vie de tous les jours, interpellent, étonnent et parfois amusent les personnes auxquelles ces créations sont présentées.

 

Quels sont les clients qui font appel à vous ?

Ce ne sont pas mes clients mais ceux de l’agence. J’ai eu la chance de travailler pour : Nike, PSG, Converse, Etam ou The Kase, par exemple…

 

Où travaillez-vous ? Pouvez-vous nous décrire votre entreprise ?

Je travaille dans une agence d’architecture intérieure et design située à Levallois-Perret. Nous avons emménagé dans ces locaux il y a deux ans. Avant, c’était une maison de disques créée dans les années 70 qui n’avait jamais changé ni la moquette ni les meubles de ses bureaux. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons tout refait : cloisonnement, sols, peinture… Nous travaillons surtout en open space, avec deux salles de réunion (le travail d’équipe est souvent nécessaire) et un atelier dans le fond de l’agence pour les travaux manuels.

 

Est ce qu’un designer gagne bien sa vie ?

Je sais que c’est l’un des métiers les mieux payé en France après c’est un monde où il est très difficile de se faire un nom, ce qui n’ai pas mon cas mais je ne me plains pas et je suis très satisfaite de mon salaire.

 

Qu’est ce qui vous a donné l’envie de faire ce métier ?

Le renouvellement dans le monde du design. Ça bouge tout le temps, on n’a jamais l’impression de faire tous les jours la même chose ! Il faut constamment s’informer de ce qui se fait ou, mieux encore, deviner ce qui sera la tendance de demain. Anticiper afin d’apporter du neuf.

 

Quelle formation avez vous suivie ?

J’ai décroché un Bac S en 2001 avant d’étudier, quatre ans, la biologie. En 2005, j’ai décidé de changer complètement de cap et de passer le concours de l’école des Beaux-arts en Algérie (j’y suis née et y ait vécu jusqu’à l’âge de 24 ans). Quand je suis arrivée en France, en 2008, j’ai complété mes études par deux ans de formation à l’école Boulle de Paris (école supérieure des arts appliqués et lycée des métiers d’art, de l’architecture intérieure et du design).

 

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Quel est l’intérêt de ce métier pour quelqu’un qui voudrait le pratiquer un jour ?

Exactement ce que je disais auparavant. On ne s’ennuie jamais j’irai même plus loin, on s’éclate presque tout le temps (presque, des fois on se retrouve toutefois confronté à des contraintes qu’on n’a pas anticipé. Là, on passe une très mauvaise journée !)

 

Dans quel état d’esprit avez-vous commencé ce métier ?

Très inquiète, j’avais l’impression de n’avoir rien appris. Cela m’arrive encore aujourd’hui. En commençant un nouveau projet, j’ai toujours l’impression de ne rien savoir sur rien et puis, dès que je m’y mets, toute mes expériences : celle que j’ai acquise des écoles que j’ai fréquentées et celle reçue au fil de mes expériences professionnelles… remontent à la surface. En y ajoutant les inspirations que m’apportent les autres : les lieux, les expos, etc. J’arrive à produire quelque chose.

 

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« En commençant un nouveau projet, j’ai toujours l’impression de ne rien savoir sur rien et puis, dès que je m’y mets, toute mes expériences : celle que j’ai acquise des écoles que j’ai fréquentées et celle reçue au fil de mes expériences professionnelles… remontent à la surface. »

Amel Ouabadi, architecte d’intérieur.


 

 

 

 

 

Quel style de design vous inspire le plus dans votre métier ?

Incontestablement le design contemporain, parce que c’est aujourd’hui et que demain ce sera autre chose, c’est très important d’être en phase avec son époque tout en se basant toujours sur ce qui s’est fait par le passé. Pour s’en inspirer ou l’améliorer.

 

De quel artiste êtes-vous le plus inspiré ?

Il n’y en pas en particulier, cela peut changer tous les mois. En ce moment, je suis de très près l’évolution de Hedi Sliman, l’ex-directeur artistique de Saint Laurent.

 

Qu’est ce qui vous attire dans son univers ?

Il a fait renaître cette maison historique et c’est la manière dont il l’a fait qui m’inspire. Même si la mode n’est pas directement liée à mon métier. La preuve que les métiers artistiques convergent toujours.

Qu’est ce qui maintient votre intérêt pour ce métier aujourd’hui ?

Le fait que l’on peut toujours faire mieux.

 

Entretien réalisé en mai 2016.

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